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samedi 27 mai 2017

Devenir intime avec son cœur

Dimanche dernier à Bruxelles, nous avons présenté - Guillaume Vianin et moi - les trois pratiques transmises au sein de l’Ecole occidentale de méditation

Pleine présence, Confiance et Amour bienveillant.

« Entrer en amitié avec soi » était le thème de cette dernière pratique, en voici quelques mots.

Entrer en amitié avec soi, c’est entamer une danse lente et emplie de tact pour s’approcher avec égard de ce qui est le plus fragile en nous.

Entrer en amitié avec soi, c’est découvrir les rythmes, les élans, les vibrations, souvent insoupçonnés, de notre être.

Entrer en amitié avec soi, c’est devenir intime avec notre propre coeur.

... et ce détail de l’Embarquement pour Cythère de Watteau, signe de la tendresse.


Marine Manouvrier
Bruxelles

jeudi 11 mai 2017

Entrer en amitié avec soi

Reading a letter - Thomas Benjamin Kennington
Dans le très beau livre de Maurice Zermatten, « Les années Valaisannes de Rilke », j’ai découvert un magnifique passage sur l’amitié. Proche de la petite tour où s’est établi Rainer Maria Rilke à la fin de sa vie, vivait Mme de Sépibus...

« Ce que Mme de Sépibus fut pour le poète, il est difficile de le dire avec ces gros mots de tous les jours qui risquent sans cesse de signifier trop ou trop peu. Le langage du poète, si riche en demi-teintes, si constamment appliqué à signifier le réel par d’insaisissables formes, nous serait nécessaire. Elle sut être silencieuse, simplement présente quand la solitude pesait de trop de poids sur le cœur de l’ermite. Que l’on songe qu’après les Elégies et les Sonnets, nulle grande œuvre ne l’accapare. De longues journées, de longues heures nocturnes s’offrent à la méditation et à l’étude mais il est un terme à tout renoncement. Alors l’amie ouvrait sa porte, ne demandait rien, s’enquérait avec respect de l’état de santé jamais brillante du poète. Elle lisait les livres dont il parlait avec chaleur, découvrait par lui la beauté multiple du monde, apprenait à aimer les animaux, les arbres, le soleil, la terre d’un cœur fraternel. Une âme s’épanouissait, œuvre vivante dans laquelle le poète pouvait retrouver sa propre image. »

Je trouve que ce passage éclaire magnifiquement le geste que l’on fait dans la pratique de la méditation.
Dans la méditation, on entre en amitié avec soi par la simple présence et le silence... 
Quand on s’assoit sur son coussin, on ouvre la porte à ce qui est là.
On ne demande rien. On est juste présent. Au lieu de se crisper, de claquer la porte et de s’en vouloir parce qu’on a trop de pensées ou qu’on a mal quelque part, on ne fait rien. On se prend comme on est.
Par notre attention chaleureuse et ouverte, on s’enquière avec respect de notre état de santé. Simplement en ne faisant rien, en n’essayant pas de réussir quelque chose, en étant juste là, on remarque la tonalité qui est la nôtre. On voit comment est notre esprit. On remarque peut-être la présence d’une émotion particulière. On ne fait rien. Tout a le droit d’être.
On suit juste délicatement son souffle, avec la même délicatesse que lorsqu’on lit un livre de poésie. On s’accorde au léger mouvement d’abandon qu’est l’expiration et par là, on s’ouvre peu à peu à la beauté multiple du monde. Tout est là, les arbres, le soleil et la terre.
Ainsi, la pratique de la méditation, tout comme l’amitié véritable, nous aide à aimer ce qui est d’un cœur fraternel et à retrouver sa propre image.

Guillaume Vianin
Neuchâtel

mercredi 10 mai 2017

Juste une sorte de politesse

J’ai la chance en ce moment d’aller régulièrement à Orléans pour parler d’architecture à des étudiants. La salle dans laquelle j’interviens se situe au sous-sol du musée des Beaux-arts de la ville. Quand on en sort, on passe nécessairement à l’entrée de la galerie où sont exposées les œuvres modernes et contemporaines. Au fond de la galerie il y a une grande toile de Simon Hantaï : Étude (D.84.2.1).
On la voit depuis l’entrée. On ne voit qu’elle, elle nous appelle.
Lorsque je sors de la salle de conférences à la fin de la séance, je ne peux m’empêcher d’aller vers elle et de rester quelques instants à ses côtés. Peu à peu nous avons appris à nous connaître. Maintenant, à peine je l’aperçois et mon cœur est apaisé. Elle est devenue comme une amie que j’ai plaisir à visiter. Chaque fois je la retrouve et je la reconnais. L’architecte Louis I. Kahn parle de cela à propos de la musique : 

« Quand nous entendons les accords d’un chef-d’œuvre musical familier, c’est comme si quelqu’un de familier entrait dans la pièce ». 

Quand je vois les accords de l’Étude d’Orléans, j’ai l’impression de rentrer à la maison. Comme un enfant qui ouvre la porte de sa chambre après une longue et pénible journée à l’école et qui retrouve tout son univers.
Cela n’a rien d’une forme de routine, bien au contraire. Chaque fois que je retrouve la toile, je la redécouvre, différente. Un pli, que je n’avais pas remarqué, attire mon attention. Le bleu se révèle plus profond, ou plus lisse. Des lignes se dessinent entre les surfaces blanches et les surfaces colorées, toujours autrement. Le rythme se fait plus calme ou plus soutenu : il évolue déjà dans le temps de notre entrevue.
Je mesure la chance de pouvoir côtoyer ainsi une œuvre régulièrement. Cela n’a rien à voir avec le fait d’aller au musée. Cela me semble un peu plus simple d’entrer en relation avec l’œuvre quand cela s’inscrit ainsi dans le quotidien. On n’attend rien de particulier, on va juste dire bonjour à une amie, comme ça, au passage. Juste une sorte de politesse. Nous pouvons ainsi développer un lien plus réel avec elle et dépasser la sidération, la timidité ou la révérence qui peuvent nous en éloigner.
Il faudrait réussir à aller au musée par politesse, comme s’il s’agissait d’aller rendre visite à un ami que l’on aime bien, et sans s’attendre à vivre quelque chose d’exceptionnel.
    
Benjamin Couchot
Paris

samedi 4 mars 2017

Un art de la confiance

Le mois dernier, j’ai eu la chance de participer au tout premier stage sur la Confiance organisé par l’École occidentale de méditation. 

Au fil des jours, nous avons exploré comment la Pleine présence, en nous réaccordant à la vie, ouvre à un sens profond de confiance, comment cette confiance se déploie dans nos vies et comment la dépression ordinaire par exemple, peut se transformer en un sens d’allant brillant et fécond.

Clarisse Gardet et Marine Manouvrier ont déployé d’une manière absolument superbe ce qu’elles ont nommé un art de la confiance ! J’ai trouvé profondément éclairant et aussi très inspirant de nommer ce chemin dans la confiance un art. 

Découvrir qu’il existe un art de la confiance c’est par exemple voir que tout peut être l’occasion de manifester beauté et dignité. Le moindre geste – s’habiller, préparer sa valise, écrire une lettre (ou un mail) – lorsqu’on y porte vraiment attention, peut contribuer à rendre le monde plus beau et peut ouvrir à un sens plus vaste de confiance. 

Tout en pensant à ce que j’avais vécu lors de ces cinq jours de stage particulièrement riche, je suis tombé sur ces merveilleuses lignes de l’écrivain Stefan Zweig dans son autobiographie Le Monde d'hier, souvenirs d'un Européen, où il parle de son ami, le poète Rainer Maria Rilke. 

« Bien que ses ressources fussent des plus modestes, ses vêtements attestaient toujours la perfection du goût, du soin, de la propreté. Ils étaient, eux aussi, un chef-d’œuvre concerné, un chef-d’œuvre composé en vue de n’attirer point l’attention, et cependant toujours avec une note toute personnelle, et encore qu’à peine perceptible, un petit accessoire dont il se charmait en secret, comme par exemple, un mince bracelet d’argent autour du poignet. Car jusque dans les choses les plus intimes et personnelles, il mettait son goût de la perfection et de la symétrie. Un jour, je le regardai faire sa malle à la veille d’un départ – il déclina avec raison mon aide en arguant mon incompétence. C’était comme un travail de mosaïste ; chaque objet était déposé je dirais presque avec tendresse à la place qui lui avait été soigneusement ménagée. J’aurais considéré comme une profanation de déranger par mon aide indiscrète cet assemblage précieux comme une fleur. Et ce sens élémentaire de beauté l’accompagnait jusque dans les détails les plus secondaires ; ce n’est pas seulement ses manuscrits qu’il calligraphiait si soigneusement de sa belle écriture arrondie, que les interlignes semblaient mesurées au mètre pliant ; même pour la lettre la plus insignifiante il choisissait de beau papier, et son écriture régulière, pure et arrondie, allait rigoureusement jusqu’à la marge qu’il réservait. Jamais il ne se permettait un mot raturé, même dans les communications les plus hâtives, mais dès qu’une phrase où expression ne lui paraissait pas avoir toute sa valeur, il récrivait la lettre entière avec sa magnifique patience. Jamais Rilke n’a lâché quelque chose qui ne fut pas absolument achevé. » 

Pour ma part, je trouve que ces lignes résonnent magnifiquement avec cet art de la confiance que l’on découvre grâce à la pratique de la méditation...

Guillaume Vianin
Neuchâtel

mardi 7 février 2017

La respiration comme partenaire de jeu


Quand j’ai commencé à pratiquer la méditation, je me souviens avoir reçu comme instruction de porter une légère attention sur le souffle.

Cette instruction toute simple est devenue très vite et sans que je m’en aperçoive une nouvelle manière de me juger et de m’en vouloir.

Très souvent, pris par mon envie de bien faire, de bien suivre l’air qui entre et l’air qui sort, de ne rien louper, de tout contrôler, je finissais par être complètement crispé et déçu. Lorsque mon attention n’était plus sur le souffle, j’avais le sentiment d’avoir raté quelque chose et j’étais très souvent pris par le sentiment de ne pas y arriver...

Aujourd’hui quand je m’assieds sur mon coussin, avant même d'entamer la pratique, je commence chaque session par juste me dire : « fous-toi la paix ! »

A partir de ce simple laisser être, de ces quelques secondes d’arrêt, j’entre dans la pratique de manière beaucoup plus joueuse et amicale.

Je porte attention au corps, à la posture, et je pose délicatement mon attention sur le souffle sans en faire toute une histoire.

Le souffle, à partir de cet espace frais et vivant, s’éclaire pour moi d’une manière complètement neuve. Il n’est plus un simple objet d’attention que j’observe de l’extérieur mais devient le mouvement même de la vie. Chaque respiration me montre que je suis vivant, m’enseigne que je peux toujours recommencer à neuf, m’aide à toucher la fraîcheur du présent vivant.

Ainsi, la pratique devient un jeu et la respiration ma partenaire...

Guillaume Vianin
Neuchâtel

jeudi 1 décembre 2016

Une tasse de thé

Boire une tasse de thé peut être un moment très privilégié si nous savons y prendre soin.

Il y a le temps de la préparation. Nous choisissons un thé particulier en fonction de la situation, selon que nous le buvons seul ou accompagné, selon le moment de la journée ou le temps qu’il fait dehors, ou encore en fonction de notre état d’esprit. C’est l’occasion de prendre un peu de temps pour essayer de percevoir la tonalité du moment dans lequel nous nous trouvons et de nous y accorder. Si nous le pouvons, nous choisissons aussi une belle théière et de jolies tasses, qui embelliront l’ensemble et contribueront à rendre ce moment plus précieux. Nous faisons chauffer l’eau, en prenant garde qu’elle soit à la bonne température. Nous laissons le thé s’infuser et sommes attentifs à ce qu’il déploie complètement ses arômes sans devenir trop saturé ou trop amer.

Le thé est prêt, nous pouvons le servir. Nous avons choisi un endroit calme et chaleureux où le prendre, et nous nous sommes assurés que nous n’y serons pas dérangés. Nous versons le thé dans la tasse. C’est le moment crucial où tout bascule. On entend le bruit de l’eau qui coule délicatement. La tasse se remplit et tout l’espace autour d’elle s’en trouve modifié. Un nuage de vapeur se développe, monte vers le ciel et s’évanouit dans l’air. Dans le même temps, le parfum du thé vient se répandre délicatement jusqu’à nous. L’atmosphère a changé : le thé a déjà opéré sa magie. Il a teinté l’espace. Il a ouvert un nouvel horizon.

Si nous étions seul, nous ne le sommes plus vraiment. Par l’espace qu’il a ouvert, le thé nous a reliés au reste du monde, et nous invite tendrement à lui dire bonjour. Si nous avons la chance de partager le thé à plusieurs, certainement que les liens qui nous unissent se sont trouvés renforcés au moment où le thé a été versé. Nous pouvons alors apprécier simplement la compagnie de nos amis avec confiance et douceur.

Depuis que je pratique la méditation, je découvre la joie de bonheurs simples comme celui de boire une tasse de thé. J’aime les explorer toujours plus avant et découvrir à quel point ils sont pleins de délicatesse et d’infinies subtilités. 

Ils n’auront jamais fini de m’émerveiller.

Illustration : Jean Siméon Chardin, Dame prenant son thé, vers 1740-1750, Glasgow, The Hunterian Museum and Art Gallery.


Benjamin Couchot
Paris

mercredi 9 novembre 2016

La vie pour témoin

Peindre a une forte résonance avec la pratique de la méditation : 
cette ouverture à ce qui advient et qui peut laisser venir une forme d'inspiration, cette confiance dans le geste, l'implication corporelle que peindre induit... 

Mon amie Elisabeth Larivière, qui est intervenante à l'École occidentale de méditation, travaille avec beaucoup de délicatesse ce lien entre la peinture et l'espace qu'ouvre la méditation. Pour elle, ces deux pratiques sont intimement liées, tout comme celle du Qi Gong, qu'elle exerce et enseigne depuis des années. 

Récemment, Fabrice Midal lui a d'ailleurs demandé de proposer de courtes sessions de Qi Gong pendant les séminaires, entre deux séances de méditation assise. Toutes celles et ceux qui ont pu suivre ces exercices de Qi Gong peuvent témoigner de la puissance du geste d'Elisabeth.

Aujourd'hui  la galerie Beauvoir est généreusement mise à sa disposition  par Luc Weizmann, pour lui permettre de  présenter ses œuvres sous un autre angle.  

Elle y animera deux ateliers de Qi Gong sur place, parmi les tableaux. 

Yves Dallavalle, autre intervenant de l'École occidentale de méditation, et grand ami poète, livrera quelques réflexions sur l’art, sur le silence et guidera une méditation le 19 novembre à 17h00.

Au plaisir de vous retrouver nombreux.

Marie-Laurence Cattoire
Paris

Galerie Beauvoir, 38 rue de la Folie-Regnault, Paris 75011, à partir du 12 novembre prochain (vernissage samedi soir de 18h à 21h). L’atelier Qi Gong est en accès libre, pour la Conférence, la participation est de 10 €. Le nombre de places étant limité il est important de s’inscrire aux évènements : elisabethlariviere@gmail.com


lundi 31 octobre 2016

Où que j'aille, c'est moi que je rencontre !

Plus on pratique, plus il est difficile de faire abstraction de soi, de faire semblant de ne pas se connaître ! 

Tant que nous sommes sans cesse occupés par le travail, les distractions, le bruit, nous pouvons oublier qui nous sommes, et même que nous sommes. 

Mais les moments de silence nous remettent face à nous-même et alors, il faut bien commencer à se regarder… à faire connaissance avec soi-même… avec ce que nous avons d'unique et avec ce qui nous rapproche tant des autres aussi… 

Cette rencontre avec soi est ainsi décrite par Hadrien France-Lanord dans son livre S’ouvrir en l’amitié (Éditions du Grand Est) : 

« La solitude est ce rassemblement sur ce que chacun a de plus unique. Grâce à lui, je peux aller vers une vraie rencontre avec autrui. Sans ce rassemblement, on est dans un rapport où personne n’est soi – où personne n’est jamais personne. » 

Passer de l'étranger au familier, pour éviter que personne ne soit jamais personne, voilà un des précieux fruits de la pratique de la méditation.

Marie-Laurence Cattoire
Paris

vendredi 21 octobre 2016

La vertu des stages

Notre École a donné fin septembre son tout premier stage d’Amour bienveillant. Nous étions 40 réunis dans la jolie campagne normande d’Aubry-le-Panthou pour découvrir et approfondir un ensemble de pratiques précieuses et essentielles et pour retrouver un lien à notre cœur, à nos proches et au monde. 

Voici quelques témoignages touchants qui reflètent l’atmosphère très particulière aussi bien que le travail de fond que nous avons partagés :

    « Une plongée dans de l’océan du cœur » Jean-Marc
    « Un travail de pionniers » Annette
    « Il y a une telle précision dans les réponses à chacune des questions que nous nous posons quand nous abordons ces pratiques » Nell
    « J’ai l’impression d’avoir trouvé le chemin de mon cœur » Laure
    « Je sens une grande gratitude en recevant toutes ces pratiques… La manière de les présenter est tellement simple et lumineuse » Boris
    « Le cadre affectueux de l’École me permet de faire l’expérience de la Bienveillance malgré les difficultés. Et mon lien aux autres s’en trouve renforcé. » Valérie

Les conditions étaient idéales pour donner naissance à cette grande première et chacune, chacun peut témoigner d’une expérience importante. 


Les pratiques d’Amour bienveillant recèlent de grandes possibilités de transformation et sont la voie royale pour entrer en amitié avec soi. La bienveillance est au cœur de tous les enseignements transmis dans l'École. Pourquoi ? Peut-être parce ce qu'elle sauvera le monde de la brutalité ordinaire dans laquelle il s'engouffre chaque jour un peu plus... 
Qui n'a pas rêvé enfant ou adolescent de "sauver le monde" ? 
Et si l'on pouvait commencer par soi, par entrer en amitié avec soi, par prendre soin de ceux qui nous entourent qu'ils soient amis ou étrangers ?

La bienveillance est également au cœur  de la Pleine présence telle qu'elle est apprise dans l'École. "Bienveillance et Pleine présence sont les deux ailes du même oiseau" aime à rappeler Fabrice Midal.

Cette délicatesse, ce soin avec lequel nous pouvons aborder la pratique, voilà où réside la bienveillance, toujours accessible pour peu qu'on lui donne droit.

Marie-Laurence Cattoire
Paris 

Pour en savoir plus sur les stages organisés par l'École occidentale de méditation

mercredi 28 septembre 2016

Une minute de silence

Dans une causerie donnée à Genève, quelques jours après  le choc des attentats de Paris en novembre dernier, Fabrice Midal dit: 

D’un certain point de vue méditer c’est faire une minute de silence. On ne fait rien. C'est comme un geste rituel, au sens le plus digne, qui préserve quelque chose de notre propre humanité.


Notre manière de ne rien faire ensemble est particulière par la posture que nous prenons.
Nous devenons intimes avec les deux rythmes qui nous habitent, notre cœur et notre souffle.
La posture nous rapproche de notre cœur, elle nous rappelle à notre cœur.

Physiquement, on peut l’entendre battre.
Et ça va tellement de soi pour nous que nous oublions le travail qu’accomplit ce cœur physique :
ce sont trente-six millions de battements par année, endormi ou éveillé, faisant circuler le sang dans plus de cent mille kilomètres de veines, d’artères et de capillaires et pompant  deux  millions cinq cent trente mille litres de sang chaque année.
Existe-t-il quelque chose d’aussi capable et résistant sur cette terre ?

Merci à ce cœur physique si extraordinaire !

Puis, les mots de Chögyam Trungpa: 
«  Dans la posture de méditation, assis droits mais détendus, notre cœur est à nu. Tout notre être est exposé, en premier lieu à nous-mêmes, mais aussi aux autres. C’est pourquoi lorsque nous nous exerçons à rester assis dans le calme et à suivre notre souffle à mesure qu’il sort et qu’il se dissout, nous établissons un contact avec notre cœur.
En nous laissant tout simplement être tels que nous sommes, nous commençons à éprouver une réelle sympathie envers nous-mêmes. »

Merci à cette posture si extraordinaire transmise d’être humain à être humain depuis deux mille cinq cents ans !

Est-elle la clef pour entrer en amitié avec nous-mêmes ?

Elisabeth Larivière 
Paris

dimanche 3 juillet 2016

L’esprit est vaste

Au fil de la pratique, grâce à la dimension de bienveillance que nous accordons à toutes nos pensées, en apprenant à les regarder, quelles qu’elles soient, comme partie de nous- mêmes, sans les rejeter, nous entrons progressivement en amitié avec ce que nous sommes, profondément. 

Cette intimité avec nous-mêmes constitue le chemin de la méditation. 

Et nous découvrons que notre esprit est aussi mémoire, intelligence, intuition. 
Et tout à la fois clair, lucide et illimité.

Clarisse Gardet
Paris

jeudi 10 mars 2016

Les moments vides

Agendas, journées, vacances, travail, vie sociale, soirées, smartphones, disques durs… Tout est  rempli à ras-bord…

Quand j'étais enfant, dans le Périgord, j'aimais passer la fin de journée chez mes voisins paysans qui s'asseyaient dans le "cantou", et restaient là, sans parler, sans presque bouger, regardant le feu, après une longue journée de travail.
J'adorais ces moments vides, où aucun geste ni parole ne s'imposent ni ne vient gêner une quiétude bien méritée.

Aujourd'hui, après avoir couru tant d'années, je retrouve (enfin) le goût de ces moments où rien de particulier ne se passe, où aucune sollicitation ne m'emporte ailleurs. Quand je suis avec un de mes enfants, à ne rien faire ou à marcher sans but particulier. Quand je suis en tête-à-tête avec mon compagnon et qu'il n'est plus utile de remplir l'espace de mots mais que nous pouvons juste apprécier le luxe de notre présence mutuelle. Quand je suis avec une amie, fatiguée et heureuse de la retrouver et de m'asseoir à côté d'elle.

Ces moments vides sont importants car ils permettent à la confiance de se déployer, au malaise de se dissoudre, à la sur-activité de s'évanouir.

Sans la découverte de la méditation, j'aurais probablement complètement oublié ces moments ordinaires et précieux, si furtifs que l'on n'y prend garde, et qui pourtant montrent si bien que nul n'est besoin de convaincre, de conquérir ou de tout remplir pour aimer.

Marie-Laurence Cattoire
Paris

vendredi 8 janvier 2016

Un sourire se dessine

« Parfois, parce que vous êtes heureux vous souriez. Mais parfois aussi, parce que vous souriez, vous êtes heureux. »
Thich Nhat Hanh 


Grâce à la pratique de la méditation nous découvrons un sens d’amitié profond pour nous-même : nous arrêtons de nous en vouloir, les pensées ne sont plus vues comme des ennemies, nous savons que nous sommes plus vaste que nos seuls événements mentaux. 


L’inquiétude, le ressentiment, le jeu de nos projections s’arrête.


De là peut apparaître un grand soulagement, une détente véritable, celle de savoir que nous sommes bons comme nous sommes.

Alors un sourire se dessine.
Et nous sentons que la joie est là, à portée de nos lèvres.

Marie-Laurence Cattoire
Paris